Il avait tout pour savourer. Himad Abdelli a marqué le quatrième but de l’OM face au Havre (55e), il a été l’un des meilleurs Marseillais, noté 8 sur 10 dans certains bilans, et le Vélodrome a retrouvé une équipe offensive. Pourtant, c’est un autre message que le milieu a livré au micro de Ligue 1+, quelques minutes après le coup de sifflet final : celui d’un joueur agacé par la fin de match.
Un message sans détour
« À 4-0, on n’a pas le droit de prendre trois buts et de se faire peur à la fin comme ça, surtout à domicile », a-t-il lancé, jugeant la situation « inadmissible pour moi ». Il a ensuite visé les remplaçants : « Les entrants aussi doivent se donner à fond. Et ce soir, ça n’a pas été le cas. » Avant de résumer sa pensée : « Un match, c’est 90 minutes. Si on joue 80 minutes, on peut prendre trois buts bêtement. »
Le contexte donne du poids à ces mots. L’OM menait 4-0 jusqu’à la 76e minute, avant que Maja (penalty, 77e), Ndiaye (86e) et Maja encore (89e) ne ramènent Le Havre à un but. Abdelli n’a nommé personne, et on ne peut pas lui prêter de cible précise. Il a toutefois quitté la pelouse à la 83e minute, remplacé par Kamissoko, ce qui donne à sa sortie une lecture évidente pour qui a suivi le match.
🚨🚨 HIMAD ABDELLI 🇩🇿 POINTE DU DOIGT LES ENTRANTS de l’OM après la victoire contre Le Havre (4-3), alors que Marseille menait 4-0 !!! 🤯👇 🗣️ « Nous, on se donne à fond pendant 70, 80. LES RENTRANTS DOIVENT AUSSI SE DONNER À FOND. 😤 Et je pense que là, ce soir, ÇA N’A PAS ÉTÉ LE CAS. 😳 Mais on va travailler pour. Et la semaine prochaine, peut-être, ça sera eux qui feront la différence. » 🎥 @ligue1plus https://t.co/WqfqTUXdUN
— Actu Foot (@ActuFoot_) October 25, 2026
Le rétropédalage sur les réseaux sociaux
Quelques heures plus tard, il a nuancé sur X. « Peut-être que c’est mal dit », a-t-il écrit, avant d’ajouter : « Moi, la saison dernière, je rentrais et j’étais mauvais. » Puis : « Je suis personne pour dire quoi que ce soit sur un joueur. » Il n’a pas présenté d’excuses claires, mais il a reconnu une formulation maladroite et rappelé qu’il connaissait lui-même la difficulté de rentrer en cours de match.
Ce second message en dit autant que le premier. Il ne retire pas le fond du propos, c’est-à-dire l’exigence d’engagement sur 90 minutes, mais il en corrige le ton. Pour un joueur qui n’avait disputé qu’un match sous Roberto De Zerbi et qui a depuis enchaîné les titularisations, la nuance a de la valeur.
Abdelli n’est d’ailleurs pas seul à parler. Amine Harit a évoqué une « bonne piqûre de rappel » et la nécessité de « rester concentré sur 90 minutes », tandis que Bruno Genesio a durci le ton envers les jeunes entrants. Dans un vestiaire secoué par Graz, plusieurs voix s’expriment sans filtre. Abdelli s’est retrouvé porte-parole malgré lui, et son recadrage montre qu’il a mesuré le poids de sa parole.

