Un but d’écart, une égalisation marseillaise à la 72e minute et une dernière tête de Nayef Aguerd qui aurait pu arracher le nul : le scénario offre l’image d’un Classique longtemps indécis. Cette lecture n’est pas fausse. Elle devient toutefois très incomplète lorsqu’elle est confrontée au volume d’occasions concédé par l’OM et à la performance de Jeffrey De Lange.
De Lange a considérablement réduit l’addition
Le gardien néerlandais a terminé la rencontre avec huit arrêts, dont six sur des tentatives réalisées à l’intérieur de sa surface. Selon les données de Sofascore, son efficacité aurait empêché environ deux buts supplémentaires. De Lange a notamment repoussé plusieurs frappes après la pause et résisté une première fois devant Marquinhos, avant que le capitaine parisien ne marque sur le rebond.
Paris a tiré 31 fois, contre seulement 12 tentatives marseillaises. Dix frappes parisiennes ont trouvé le cadre, pour quatre du côté de l’OM. L’écart apparaît encore plus net dans les modèles d’occasions : le PSG a produit 4,43 expected goals, contre 1,29 pour Marseille. Le champion de France a également touché 50 ballons dans la surface adverse, presque deux fois plus que les Olympiens, limités à 27.
Une résistance réelle, mais très dépendante du gardien
Ces chiffres ne retirent rien au courage de l’équipe de Bruno Genesio. Marseille a remporté 70 % de ses tacles, effectué dix interceptions et longtemps empêché Paris de convertir sa domination territoriale. L’OM s’est également procuré trois grosses occasions, dont les deux situations manquées par Neal Maupay. Il existait donc un scénario dans lequel les Marseillais pouvaient prendre l’avantage et obliger leur adversaire à courir après le score.
Le problème réside dans la répétition des situations concédées. Une équipe ne peut pas espérer rivaliser durablement en laissant son adversaire entrer 76 fois dans le dernier tiers et accumuler huit grosses occasions. De Lange a maintenu le résultat à portée jusqu’au bout, mais sa performance rend le diagnostic moins flatteur pour le collectif. L’OM a résisté au PSG ; il ne l’a jamais réellement contrôlé. Pour transformer ce courage en points après la trêve, Genesio devra d’abord réduire la quantité de travail imposée à son gardien.

