À Marseille, la colère a longtemps été le premier signe d’une crise. Sifflets, rassemblements devant la Commanderie, pression permanente : les mauvais résultats provoquaient immédiatement une réaction. Cette saison, quelque chose semble avoir changé.
Plus personne devant la Commanderie
Après six défaites en huit sorties, La Provence décrit un Vélodrome qui ne siffle plus que timidement. Plus frappant encore, la veille du déplacement à Angers, aucun supporter n’attendait les joueurs devant le centre Robert Louis-Dreyfus, alors que même lors des périodes les plus difficiles de la saison précédente, une foule s’y rassemblait régulièrement.
Le journal y voit moins de l’indulgence qu’une forme de résignation. L’OM a fortement réduit ses ambitions après un été marqué par l’austérité, mais le contraste reste spectaculaire pour un club où chaque contre-performance déclenchait autrefois une réaction immédiate.
Genesio pense aussi au poids mental
Cette atmosphère plus froide ne signifie pas que la pression a disparu. Bruno Genesio reconnaît que le classement pèse sur ses joueurs : « Il faut apprendre à gérer le stress, parfois l’échec, pour rebondir. »
L’entraîneur assume désormais que le résultat prime sur la manière. « Si on doit gagner avec la manière que l’on a vue à Troyes, je préfère ça à autre chose », a-t-il expliqué.
Pour l’OM, l’urgence reste donc sportive. Mais le silence inhabituel qui entoure aujourd’hui l’équipe raconte peut-être un autre danger : quand la colère disparaît, c’est parfois parce que l’attente commence elle aussi à s’éteindre.

