L’OM vaut désormais 667 millions d’euros, soit 12 % de plus en un an. Selon une estimation de Football Benchmark, cette progression propulse Marseille dans le top 24 des clubs les plus valorisés. Un chiffre flatteur, qui arrive au moment où la direction cherche à renforcer ses finances.
Que dit vraiment ce chiffre ?
Une valorisation reste une estimation. Elle mesure la valeur théorique d’un club à un instant donné, selon des critères que le calcul ne détaille pas ici. Elle ne dit ni le niveau de la trésorerie, ni le résultat de l’exercice, ni la capacité du club à investir sur le marché. La hausse de 12 % indique une tendance, pas une rentrée d’argent.
Cette hausse a toutefois un intérêt stratégique. Frank McCourt chercherait un actionnaire minoritaire pour renforcer le capital du club, et un chiffre en progression constitue un argument de négociation. Rien n’indique à ce stade qu’un investisseur soit identifié, et le propriétaire de l’OM pourrait y voir un signe encourageant dans un contexte exigeant.
Une valeur en hausse, des comptes sous pression
Le contraste avec la situation comptable est net. Le club aurait affiché un déficit de 105 millions d’euros en 2025, et McCourt aurait injecté plus de 700 millions depuis son arrivée en 2016, sans vouloir continuer à combler indéfiniment les pertes. Le total exact varie selon les décomptes, mais l’ordre de grandeur explique la prudence actuelle de la direction.
Le calendrier est serré. L’OM doit passer devant la DNCG entre la fin novembre et le début décembre, et le club s’accorderait deux ans, jusqu’en 2028, pour retrouver une situation plus saine. L’arrivée d’Adidas à l’été 2027, pour un contrat estimé entre 32 et 35 millions d’euros par an, doit aussi apporter un souffle financier. Sur le terrain, la victoire à Leverkusen redonne de l’air sportivement, avec une 31e place en Ligue Europa et une qualification encore possible. Mais la valeur d’un club se construit sur la durée, entre résultats, formation et équilibre financier. Le chiffre de 667 millions est une bonne nouvelle, à condition qu’il ne masque pas le chantier qui reste à mener.

