Il y a quelques mois, Himad Abdelli cherchait encore sa place. Sous Roberto De Zerbi, il n’avait disputé qu’une rencontre, la lourde défaite 0-5 contre le PSG en février. Aujourd’hui, il a été titulaire sur les neuf matchs qu’il a joués cette saison avec l’OM, et son but de la tête à Angers (37e), sur un centre de Timothy Weah, a ramené Marseille à 1-1 après l’ouverture du score adverse.
Un joueur qui change de rôle sans changer de registre
Ce qui frappe, c’est la souplesse de son positionnement. À Angers, Bruno Genesio l’a placé plus haut que le double pivot formé par Tochukwu Nnadi et Nouhoum Kamissoko, dans un rôle de numéro 10 qui lui permet de toucher plus de ballons dans les espaces. Il peut aussi redescendre d’un cran dans le 4-2-3-1 quand l’équipe l’exige. Le technicien en a fait un argument assumé. « Il a le coffre pour enchaîner », a-t-il expliqué, en soulignant sa maîtrise technique et sa capacité à récupérer des ballons. Ce n’est pas un compliment de façade : Abdelli est aussi à l’origine du penalty obtenu par Amine Gouiri à Angers, grâce à une construction qui a mis Belkhdim en difficulté, et il avait déjà converti un penalty à Troyes.
Les bilans du match d’Angers le placent parmi les meilleurs Marseillais, avec une note de 7,5 sur 10 dans plusieurs d’entre eux, au même niveau que Weah. C’est la traduction chiffrée d’une régularité que l’on ne lui connaissait pas, et qui contraste avec une période où il lui manquait du rythme et où les changements au sein du club compliquaient son intégration.
Un statut à préserver
Reste la question de l’équilibre. Avec le retour proche de Pierre-Emile Højbjerg, Genesio devra répartir les rôles au milieu, et Abdelli, positionné plus haut, peut cohabiter plus facilement avec lui que d’autres. Ce statut de joker tactique est précisément ce qui le rend précieux dans une saison chargée entre Ligue 1 et Europa League.
Le prochain test arrive jeudi à Graz, puis dimanche face au Havre. Si Abdelli continue de justifier la confiance de son entraîneur, la métamorphose cessera d’être une surprise pour devenir un acquis. Pour l’instant, elle ressemble à un pari que Genesio n’a pas eu besoin de forcer : il a simplement laissé le joueur trouver son rythme.

