Quatre-vingt-dix minutes. Alors que l’OM menait largement à Angers (2-5), Bruno Genesio n’a pas sorti Igor Paixão. Le pari a été gagnant : à la 85e minute, le Brésilien a marqué le cinquième but marseillais, du pied droit, sur une tête de Timothy Weah à la limite du hors-jeu.
« En fin de match, il y a souvent des occasions »
L’entraîneur avait expliqué son raisonnement : « on sait qu’en fin de match, il y a souvent des occasions ». En clair, il misait sur un adversaire qui s’ouvrirait avec le temps. Ce choix tranche avec la manière dont l’attaquant avait quitté la pelouse à Troyes, remplacé à la 88e minute sans saluer son entraîneur. Genesio avait alors minimisé l’épisode : « Ça peut arriver, je pense qu’il était frustré. »
Le contexte pesait pourtant lourd. Paixão sortait d’une série sans but ni passe décisive, et il avait évoqué la possibilité d’un départ, plus probable selon lui l’été prochain qu’en janvier. Leeds, qui l’avait approché au dernier mercato, était présenté comme prêt à revenir si l’OM baissait son prix.
Une confiance qui paie
Cette décision illustre la méthode de Genesio avec les joueurs en difficulté : plutôt que de les écarter, il les maintient sur le terrain et leur donne l’occasion de se relancer. Avant le match, il avait d’ailleurs salué Paixão et Keyliane Abdallah, en insistant sur leur rôle dans la relance de l’attaque.
Le but a une valeur symbolique : il met fin à une disette et arrive dans une victoire large, après plusieurs jours de critiques. Il ne règle pas tout, Paixão n’ayant eu que 5 de note. Mais il redonne du crédit à un choix qui aurait pu être contesté. Pour l’OM, retrouver un Paixão efficace serait un atout majeur ; pour lui, une meilleure position avant de reparler de son avenir.

