Trois défaites en quatre journées, un effectif réduit et des ambitions déjà réévaluées : l’OM ne pouvait pas aborder sa campagne de Ligue Europa dans un contexte beaucoup plus fragile. Bruno Genesio n’a toutefois aucune intention de sacrifier immédiatement la compétition. Il a rappelé que trois matches en neuf jours restent encore gérables et que l’enchaînement vraiment lourd viendra surtout après la trêve internationale.
Une compétition impossible à balayer
À Marseille, la Coupe d’Europe conserve un poids particulier. Jérôme Alonzo l’a résumé sans détour : « À l’OM tu ne peux pas faire l’impasse sur la coupe d’Europe, ça n’existe pas ! » L’ancien gardien estime que les premiers matches doivent être joués « à fond », ne serait-ce que « par respect pour les supporters » et « pour l’histoire du club ». Le raisonnement vaut d’autant plus que l’OM s’est battu en coulisses pour conserver sa place européenne malgré les menaces liées au fair-play financier.
L’intérêt n’est pas seulement symbolique. « Ça peut booster un effectif », a ajouté Alonzo. Marseille connaît déjà ce scénario. En 2003-2004, une septième place en championnat avait été presque éclipsée par une finale de Coupe UEFA. En 2023-2024, une huitième place avait coexisté avec une demi-finale de Ligue Europa. L’Europe peut donc offrir une dynamique, une émotion et parfois une forme de réparation quand la saison domestique déçoit.
Le problème reste la profondeur
Cette fois, le principal doute vient des moyens. L’OM manque déjà de solutions en championnat et Genesio dispose de peu de marge pour faire tourner. La C3 peut donc aussi devenir une charge supplémentaire, surtout quand le calendrier se resserrera. Le dilemme sera permanent : préserver les organismes sans donner l’impression de renoncer à une compétition que le club a tout fait pour disputer.
Le déplacement à Istanbul dira déjà beaucoup. Une victoire n’effacerait pas le mauvais départ en Ligue 1, mais elle pourrait apporter de la confiance avant la réception du PSG. À l’inverse, un nouveau revers prolongerait la spirale. Pour l’OM, la Ligue Europa n’est donc ni un luxe ni une distraction. Elle peut devenir un problème de plus, mais aussi la compétition capable de redonner du souffle à une saison qui en manque déjà.

