Le début de saison actuel n’incite pas franchement à rêver, mais l’OM connaît déjà ce paradoxe. Certaines de ses campagnes européennes les plus marquantes sont nées au cœur d’exercices beaucoup moins convaincants en championnat. La C3 a parfois offert au club une deuxième histoire dans la même saison, au point de faire oublier presque tout le reste.
2004, l’exemple le plus frappant
L’OM avait terminé septième de Ligue 1 en 2003-2004. Pourtant, personne n’a vraiment retenu ce classement. Le souvenir dominant reste Didier Drogba, ses 32 buts et cette campagne européenne où Liverpool, l’Inter puis Newcastle avaient été renversés. Manuel Dos Santos l’a reconnu plus tard : « Inconsciemment, le championnat devenait secondaire. »
Le scénario s’est reproduit en 2023-2024. Marseille n’avait fini que huitième du championnat, mais le parcours jusqu’en demi-finale de Ligue Europa, avec notamment la soirée contre Benfica, avait apporté les plus fortes émotions de l’exercice. En 2018 également, l’épopée jusqu’à Lyon avait dépassé le simple bilan domestique.
Une autre histoire peut commencer à Istanbul
Rien ne garantit évidemment un parcours comparable cette saison. L’effectif est court et les difficultés en Ligue 1 sont déjà réelles. Mais l’Europe offre aussi une autre scène, un autre rythme et parfois une autre confiance. Le déplacement à Besiktas peut donc représenter davantage qu’un premier match de C3 pour Bruno Genesio : l’occasion de commencer un récit capable de modifier, à terme, toute la perception de la saison.

